Au pays du pollen

Femme qui éternue

Au Canada, l’air est de plus en plus rempli d’allergènes en suspension, comme le pollen de l’herbe à poux, ce qui déclenche les symptômes perturbateurs de la rhinite allergique. Pour des millions de Canadiens, il est essentiel de trouver un soulagement durant ces saisons de mécontentement.

Avec la fin de l’été et le début de l’automne, les journées raccourcissent, de nouvelles routines scolaires et professionnelles s’installent et, pour de nombreux Canadiens, les éternuements, l’écoulement nasal et le larmoiement des yeux causés par la rhinite allergique reprennent de plus belle. Il y a de nombreux coupables, dont le pollen d’arbres et de graminées, les moisissures, les phanères d’animaux et l’herbe à poux. Ces déclencheurs sont prolifiques – par exemple, une seule plante d’herbe à poux peut produire un milliard de grains de pollen en une saison1. Et les facteurs environnementaux comme les changements climatiques et la pollution, ainsi que nos habitudes de vie qui évoluent, font en sorte qu’il n’y a jamais eu autant de gens qui ressentent les effets de l’herbe à poux et d’autres pollens saisonniers.

Le phénomène n’est pas unique au Canada. Une étude mondiale a révélé que les allergènes en suspension dans l’air, comme le pollen, avaient augmenté en moyenne de 96,3 % dans 17 pays entre 1998 et 2016. Bien que le Canada se situe dans la tranche inférieure de la moyenne, avec une augmentation2, de 51,3 %, il est clair que l’air au pays est de plus en plus accaparé par les pollens à l’origine des allergies. Et bien qu’il n’y ait pas de « remède » à la rhinite allergique, la bonne nouvelle est qu’il existe des options de traitement bien établies pour le soulagement des symptômes.

Situation au pays : la rhinite allergique au Canada

La rhinite allergique est un trouble respiratoire chronique qui touche entre 10 et 30 % de la population mondiale, quel que soit le groupe d’âge, et environ 20 à 25 % des Canadiens3. La rhinite allergique est un trouble inflammatoire qui survient lorsque l’organisme a une réaction anormale à diverses particules dans l’environnement, appelées allergènes. Les allergènes, qui comprennent notamment le pollen, les graminées, les arbres, la poussière ou les phanères d’animaux, causent l’inflammation des muqueuses des voies respiratoires supérieures. La rhinite allergique provoque généralement des symptômes tels que des éternuements, un écoulement nasal, des démangeaisons nasales et oculaires, un larmoiement des yeux, une congestion nasale ou même une aggravation d’autres problèmes médicaux comme l’asthme.

Joseph Chan, gestionnaire, Réglementation pour le groupe Santé grand public de Bayer et pharmacien qui exerce dans la région du grand Toronto, connaît bien cette quête de soulagement des symptômes qui revient périodiquement chaque année.

« La rhinite allergique est un sujet qui revient fréquemment à la pharmacie », explique M. Chan, qui souffre lui-même d’allergies saisonnières légères. « Elle peut vous indisposer de façon continue, et dans les cas les plus graves, vous empêcher de vous adonner à vos activités courantes. Elle nuit à la qualité de vie. »

Le Dr Christopher Sans, Ph. D., conseiller médical pour le groupe Santé grand public de Bayer, convient que les allergies saisonnières sont plus qu’un simple désagrément temporaire.

« La rhinite allergique est très répandue à l’échelle mondiale et elle peut avoir une incidence importante sur la qualité de vie, la productivité à l’école et au travail, le sommeil et d’autres problèmes de santé », déclare-t-il.

Les Canadiens sensibles aux allergènes extérieurs ou saisonniers peuvent ressentir des symptômes à plus d’une reprise au cours de l’année, car le pollen des arbres, des graminées et de l’herbe à poux a des répercussions à différents moments dans les différentes provinces. Seuls les mois d’hiver les plus froids offrent un répit de la plupart des allergènes de pollen. Qui plus est, la densité pollinique varie d’un jour et même d’une heure à l’autre, et ce, toute saison confondue.3

Origines du problème
Bien que la prévalence croissante de la rhinite allergique ne soit pas attribuable à une seule cause, l’un des principaux facteurs est les changements climatiques, principalement causés par l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère4.

Étant donné la hausse des températures provoquée par les changements climatiques, la saison des plantes comme l’herbe à poux5 commence plus tôt et dure plus longtemps – à Winnipeg, au Manitoba, la saison de croissance pourrait avoir augmenté de 25 jours6 entre 1995 et 2015. Des niveaux plus élevés de dioxyde de carbone dans l’atmosphère signifient que les plantes produisent également plus de pollen – une étude prévoit une augmentation de 60 à 100 % de la production de pollen d’ici 2085, si la production de combustibles fossiles se poursuit sans relâche.7

En plus des répercussions de la hausse des températures, on observe un changement majeur dans le milieu de vie des gens. De nos jours, moins d’un Canadien sur cinq vit dans un milieu rural8 – un changement marqué par rapport aux origines rurales du Canada. La densité urbaine est synonyme d’une pollution de l’air plus importante, qui augmente les propriétés allergéniques du pollen9. Les urbanistes ont aussi tendance à privilégier la plantation d’arbres mâles parce qu’ils ne produisent pas de fruits ni de gousses, mais ils produisent beaucoup de pollen. Avec moins d’arbres féminins pour piéger ce pollen, les rues de la ville sont immaculées, mais ceux et celles qui souffrent de la rhinite allergique n’ont d’autres choix que de respirer de l’air10 chargé de pollen.

Selon le Dr Sans, il faut aussi tenir compte de notre façon de vivre.

« L’augmentation des symptômes d’allergies dans les zones urbaines s’explique en partie par l’augmentation du temps passé à l’intérieur et la diminution de notre exposition aux sources naturelles et abondantes d’allergènes, ce qui entraîne une tolérance plus faible », explique-t-il. « En fin de compte, bien qu’il n’y ait probablement pas de réponse unique à la raison pour laquelle nous constatons une augmentation de la prévalence de la rhinite allergique, ce qui est clair, c’est que les experts s’entendent pour dire qu’elle augmente à un rythme considérable. »

Symptômes de notre époque
En pleine pandémie mondiale, il peut être difficile de déterminer si nos symptômes sont attribuables à des allergies, à un rhume, à la grippe, à l’asthme ou au virus de la COVID-19. L’Allergy and Asthma Foundation of America a
élaboré un
tableau12qui présente les symptômes typiques de chacun de ces troubles.
Vérifiez
toujours
auprès d’un
professionnel
de la santé
si vous êtes
incertain ou
avez des
questions.

Traitement

Toujours selon le Dr Sans, la bonne nouvelle pour ceux qui doivent composer avec la rhinite allergique est qu’il existe une méthode bien établie et mondialement reconnue de prise en charge progressive des symptômes.

« L’objectif du traitement de la rhinite allergique est de soulager les symptômes, et la première étape est d’éviter d’être exposé aux allergènes », explique-t-il. « Ensuite, on peut prendre des antihistaminiques de nouvelle génération, qui sont la pierre angulaire du traitement, et utiliser ou non un vaporisateur nasal comme une solution saline nasale stérile ou un décongestionnant. Et puis, il y a les corticostéroïdes intranasaux, qui sont des traitements complémentaires de plus en plus accessibles en vente libre, d’autres traitements en vente libre et d’ordonnance ainsi que l’immunothérapie allergénique, qui est réservée aux cas les plus graves. »

Même si prendre soin de soi est important pour obtenir un soulagement, le Dr Sans souligne que les personnes qui ne sont pas certaines d’avoir une rhinite allergique doivent d’abord consulter un professionnel de la santé. Joseph Chan, qui répond fréquemment à des questions sur la rhinite allergique à titre de pharmacien, en convient, et mentionne l’importance d’un bon diagnostic et les essais et erreurs que nécessite parfois la quête du traitement qui fonctionne le mieux.

« Un diagnostic différentiel est d’abord nécessaire », dit-il. « Ensuite, les gens doivent généralement essayer différentes choses pour voir ce qui fonctionne le mieux. Trouver le bon schéma thérapeutique relève peut-être davantage de l’art que de la science. »

Art ou science, le soulagement des symptômes est l’objectif de millions de Canadiens qui s’attendent à une saison de l’herbe à poux pénible qui pourrait durer jusqu’au premier givre.

Série de vidéos sur la rhinite allergique par un expert canadien
Vous voulez en savoir plus sur la rhinite allergique? Jetez un coup d’œil à la série spéciale de vidéos sur les allergies du programme canadien santé-famille, qui met en vedette le Dr Paul Keith, allergologue et immunologue clinicien de l’Université
McMaster.

Combattre les allergies saisonnières11
La rhinite allergique vous afflige? Ripostez à l’aide de ces conseils.

Préparez-vous : Soyez proactif et assurez-vous d’avoir en main le médicament contre les allergies qui vous convient, comme un antihistaminique, lorsque vos symptômes commencent.
Frottez bien : Évacuez les allergènes de votre corps en vous lavant les mains et le visage lorsque vous arrivez de l’extérieur et en prenant une douche avant d’aller au lit.
Faites le ménage : Une maison propre contribue à votre bien-être, alors sortez la serpillière, passez l’aspirateur plus souvent, et lavez souvent votre literie. De plus, n’oubliez pas d’enlever vos chaussures pour éviter de faire entrer du pollen dans la maison.
Consultez les prévisions météorologiques : Les prévisions polliniques peuvent changer d’un jour à l’autre, et d’une heure à l’autre. Vérifiez les prévisions avant de sortir de la maison pour savoir à quoi vous attendre.

1 American Academy of Allergy, Asthma and Immunology. https://www.aaaai.org/conditions-and-treatments/library/allergy-library/ragweed. Consulté le 6 août 2020.
2 Bayer Magazine. The Pollen Problem. https://www.magazine.bayer.com/en/the-pollen-problem.aspx. Consulté le 6 août 2020.
3 Kosisky, S. E. et al. Fluctuations in airborne grass pollen levels as determined in three-hour intervals during a 24-hour period. Journal of Allergy and Clinical Immunology. 1er février 2010. Consulté le 18 août 2020.
4 Fondation David Suzuki. Consulté le 6 août 2020.
5 Ziska, Lewis H. et al. Temperature-related changes in airborne allergenic pollen abundance and seasonality across the northern hemisphere: a retrospective data analysis. The Lancet Planetary Health, Volume 3, Issue 3, March 2019. Consulté sur Science Direct, le 6 août 2020.
6 Environmental Protection Agency. Consulté le 6 août 2020.
7 Ziska, Lewis et Caulfield Francis. Rising CO2 and pollen production of common ragweed (Ambrosia artemisiifolia L.), a known allergy-inducing species: implications for public health. Functional Plant Biology 27(10). Consulté sur ResearchGate, le 6 août 2020.
8 Statistique Canada. Mégatendances canadiennes : Un Canada de plus en plus urbain. 2015. Consulté le 6 août 2020.
9 Sénéchal, Hélène et al. A Review of the Effects of Major Atmospheric Pollutants on Pollen Grains, Pollen Content, and Allergenicity. The Scientific World Journal, volume 2015. Consulté le 6 août 2020.
10 Ogren, Thomas Leo. Botanical sexism cultivates home-grown allergies. Scientific American. April 2015. Consulté le 6 août 2020.
11 D’après la pièce promotionnelle de Bayer – Claritin_Amazon_3&4_AWB. Étude sur les usages et attitudes relatifs aux produits contre les allergies 2019. (avec la permission de L. Baumgartner).
12 Allergy and Asthma Foundation of America. https://www.aafa.org/media/2631/respiratory-illness-symptoms-chart-coronavirus-flu-cold-allergies.png. Consulté le 6 août 2020.