L’avenir de l’Afrique dépend des petits agriculteurs

Initiative de soutien des petites exploitations agricoles

Fin 2015, Crop Science a lancé une initiative agricole mondiale visant à soutenir les petits agriculteurs des pays émergents ou en voie de développement. Évoquant le statu quo qui perdure en Afrique, Fredrick Ochieng Nyambare, directeur du volet africain de cette initiative, explique l’origine de cet important plan de croissance visant à soutenir les petits exploitants de ce continent.

Fredrick, à quels problèmes particuliers les petits exploitants agricoles africains sont-ils confrontés?

Quelles que soient les régions concernées, les petits exploitants éprouvent les mêmes difficultés. En Afrique, elles ne sont guère différentes des difficultés observées en Amérique latine ou en Asie. Leur dénominateur commun est l’accès aux ressources, aux connaissances, aux marchés et aux technologies modernes. Les petits agriculteurs ont un accès limité aux terres (c’est la question fondamentale des droits fonciers); la productivité et la rentabilité sont faibles; la qualité des récoltes ne permet pas de les vendre à un meilleur prix qui assurerait un meilleur revenu à la famille. Toutefois, ce qu’il y a de particulier au sujet de l’Afrique, c’est que ses pays se reposent beaucoup sur les petits agriculteurs pour garantir la sécurité alimentaire et lutter contre la famine. En effet, ils produisent plus de 80 % de la nourriture. Or c’est sur ce continent qu’il est le plus difficile d’assurer des moyens d’existence décents; cela signifie donc qu’une augmentation même modeste du revenu familial a un impact direct sur la satisfaction des besoins de base tels que l’éducation et la santé. Ainsi, le développement de l’ensemble de l’Afrique dépend de l’amélioration de la situation de ses petits exploitants agricoles.

Quels sont les programmes actuellement mis en œuvre pour améliorer les revenus et les moyens de subsistance des agriculteurs?

Nous venons de lancer notre deuxième saison pilote auprès des producteurs kényans de pommes de terre. En raison de facteurs externes défavorables comme la sécheresse, la première saison n’a pas donné de résultats représentatifs. Elle a cependant été pleine d’enseignements et je suis ravi d’annoncer que de nombreux agriculteurs souhaitent ardemment participer au projet, au point que nous avons dû prévoir une liste d’attente pour la prochaine itération. Étant donné le rôle crucial que jouent les petits exploitants pour l’avenir du continent, nous réfléchissons à un plan de croissance qui inclura davantage de pays et un plus grand nombre de cultures, mais cela se fera étape par étape.

Comment lancez-vous ce genre de projets?

Notre démarche est toujours la même : nous menons des études de base afin de déterminer les exigences particulières des exploitants en fonction des régions et des cultures. Les pays disposent de gestionnaires de projet spécialisés et d’agronomes de terrain qui connaissent parfaitement leur marché et qui nous permettent de suivre la situation au plus près. Ajoutez à cela l’expertise en matière de petites exploitations de Bayer et ses partenaires, et vous obtenez un aperçu précis de ce qu’il faut faire pour aider les agriculteurs à produire davantage, conformément aux deux objectifs de notre initiative.

Fredrick lors d’une de ses visites bi-hebdomadaires sur les fermes, discutant avec les agriculteurs et faisant le suivi de la formation sur le terrain.

Vous tirez donc parti des mesures déjà prises par Bayer à l’égard des petits agriculteurs?

Tout à fait! Notre équipe internationale est particulièrement enthousiaste et partage régulièrement ses pratiques exemplaires pour apprendre des différentes régions, que ce soit dans le cadre de réunions ou au moyen de notre plateforme de médias sociaux. La prochaine étape importante consiste à trouver les bons partenaires dans chaque pays.

Quel genre de partenaires?

Des partenaires capables de résoudre les nombreux problèmes qui caractérisent la chaîne de valeur des cultures concernées et que j’évoquais tout à l’heure. Il peut s’agir d’institutions financières qui fourniront les ressources nécessaires, d’intervenants dans la chaîne de valeur qui faciliteront l’accès au marché, de spécialistes en fertilisation du sol, etc. Chaque partenaire forme les agriculteurs dans son domaine de compétence particulier. Bayer, par exemple, le fait en matière de semences, de protection des cultures, de lutte antiparasitaire intégrée et de techniques de mise en œuvre. Nous accordons beaucoup d’importance aux partenariats. Donner aux petits agriculteurs du monde entier les moyens qui leur manquent encore est une tâche immense dont nous ne viendrons pas à bout seuls. L’objectif pour l’Afrique est de faire participer davantage de partenaires aux initiatives de soutien des petits exploitants. Nous voulons montrer que le concept fonctionne pour le déployer dans l’ensemble du continent. La seule façon de faire avancer les choses, c’est de mobiliser beaucoup d’autres partenaires et de miser sur les points forts de chacun d’eux.

Je pense que nos projets destinés aux petites exploitations africaines doivent mobiliser davantage de partenaires », explique Fredrick